TheCricLinks

Je me pose plein de questions, Internet est un moyen d'y répondre

Nom :

La devise de la France est Liberté - Égalité - Fraternité. Cette devise peut et doit nous aider à trouver le bon chemin.

vendredi 21 avril 2006

Mort d'un Grand Homme - Décès du Professeur Jean Bernard à 98 ans - témoignage

Extrait de l'Histoire de l'Inserm: "Jean Bernard est né à Paris le 26 mai 1907. Il a mené ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand et universitaires aux facultés des sciences et de médecine, et à l'institut Pasteur de Paris.

Sa formation médicale doit beaucoup aux professeurs Robert Debré et Paul Chevallier.
Interne des hôpitaux (1929), docteur en médecine (1936), médecin des hôpitaux (1946) à l'hôpital Saint-Louis, professeur agrégé de la faculté de médecine (1949), professeur de cancérologie médicale et sociale (1956) puis de clinique des maladies du sang (1961) à la faculté de médecine de Paris, chef de service à l'hôpital Saint-Louis (1957), directeur de l'Institut de recherches sur les maladies du sang, le centre Hayem (1961), doyen de la faculté de médecine Lariboisière – Saint-Louis (1969).
Professeur émérite à l'université Denis Diderot.

Président du conseil d'administration de l'Inserm (1967-1980), membre du conseil d'administration de l'Institut Pasteur (1967-1970), haut conseiller médical auprès de la direction générale de l'Inserm (1982-1996).

Membre du comité consultatif de la recherche scientifique - comité des douze sages (1958),
Président du comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (1983-1992), puis président d'honneur.
Vice-président d'honneur du Mouvement universel de la responsabilité scientifique (MURS)

Ce résumé oublie de préciser qu'il fut aussi résistant.

Que c'est le premier français a avoir fait des recherches reconnues sur le traitement de la Leucémie.

Mes parents très jeunes dans les années 50 ont eu hélas l'occasion de l'avoir rencontrer pour ma soeur ainée, décédée de Leucémie depuis, et ont énormément apprécié son humanité.

Il a été le premier à l'hôpital Saint-louis :
  • à autoriser à mettre un poste de télévision pour les enfants qui n'avaient pas leurs parents avec eux.
  • à autoriser les parents à pouvoir dormir dans la salle où vivait l'enfant quand il entrait dans une phase terminale.
Mes parents racontent que alors, cela dérangeait l'organisation des services. Certaines infirmières et surtout les filles de salles râlaient car dérangées par ce changement. Mes parents comprenaient et pardonnaient, tellement le service était stressant, ces mouvements d'humeur des infirmières.
Le service des enfants malades était tellement éprouvant que les infirmières ne devaient y rester que six mois au maximum.

Ils ont été impressionnés par le fait que bien qu'à l'époque, le professeur Jean Bernard soit déjà très reconnu (Années 57-58), il avait eu avec mes jeunes parents une écoute exceptionnelle et était prêt à écouter leurs propositions fussent -elles farfelues et même encourageait cela.

Cela contrairement à d'autres médecins et professeurs de l'époque qui prenaient les jeunes de haut de part leur statut de docteurs en médecine.

C'était donc un adepte de la communication intelligente avec les patients et un précurseur de ce que l'on appellerait à notre époque le brainstorming.

Mes parents tiennent a associer à l'humanité du Professeur Jean Bernard, le professeur Odile Schweisgut, alors Chef du Service de Pédiatrie de Villejuif (connue depuis pour avoir créé l' oncopédiatrie française ) qui lors des moments les plus difficiles de leur vie a passé certains dimanches avec eux et cela par simple humanité.

C'était un simple témoignage.

A Dieu Jean Bernard.