"... : « une radiation, c’est un chômeur de moins, soit son opportune disparition des chiffres du chômage. Même si sa suppression de la liste n’est pas due à la reprise du travail et qu’elle n’est que temporaire, on n’est pas trop regardant : il faut juste faire baisser les chiffres ».
Le décalage entre le caractère anodin de l’événement - une absence à un rendez-vous - et la puissance de ces lettres, « le caractère formidable et intime de la justification invoquée » est alors frappant. Certains chômeurs font part de leurs problèmes personnels, de leurs angoisses les plus profondes. ... ... Alors qu’à la fin du XIXe siècle le chômeur était perçu comme « victime involontaire d’un état de fait dégradant », cette idée a laissé place à la « culpabilisation du chômeur, qui ferait presque du chômage un choix, plus profitable que l’emploi. Et de la providence, l’Etat est passé à la surveillance, au contrôle, à la sanction». ..."
Comme chacun le sait la NSA possède avec PRISM et ECHELON un système de sauvegarde de haute qualité de vos données le tout gratuitement sur son cloud souverain.
Le 12 octobre 2012, le prix Nobel de la paix était attribué à l'Union européenne pour "sa contribution à la promotion de la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l'homme en Europe". L'Europe doit se montrer à la hauteur et démontrer sa volonté de défendre la liberté de l'information, quelles que soient les craintes de pressions politiques de son "meilleur allié", les Etats-Unis.
Alors qu'Edward Snowden, le jeune Américain qui a révélé le dispositif de surveillance mondial Prism, a demandé l'asile à une vingtaine de pays, les Etats de l'Union européenne, au premier chef la France et l'Allemagne, doivent lui réserver le meilleur accueil, sous quelque statut que ce soit. Car si les Etats-Unis demeurent l'un des pays du monde qui portent au plus haut l'idéal de la liberté d'expression, leur attitude à l'égard des "lanceurs d'alerte" entache clairement le 1er amendement de leur Constitution.
Dès 2004, le rapporteur spécial des Nations unies pour la liberté d'expression, son homologue de l'Organisation des Etats américains et le représentant de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour la liberté des médias appelaient conjointement les gouvernements à protéger les lanceurs d'alerte contre "toute sanction juridique, administrative ou professionnelle s'ils ont agi de 'bonne foi'".
Les lanceurs d'alerte étaient définis comme "des individus qui communiquent des informations confidentielles ou secrètes, malgré leur obligation, officielle ou autre, de préserver la confidentialité ou le secret". En 2010, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe affirmait que "la définition des révélations protégées doit inclure tous les avertissements de bonne foi à l'encontre de divers types d'actes illicites". La résolution 1 729 demandait que les lois couvrent "les lanceurs d'alerte des secteurs à la fois public et privé, y compris les membres des forces armées et des services de renseignement".
A l'exception des amateurs de chasse à l'homme, qui l'accusent d'être un traître à la nation et des sophistes qui emmêlent le débat dans des arguties juridiques, qui peut sérieusement contester à Edward Snowden sa qualité de lanceur d'alerte ? L'ancien informaticien a permis à la presse internationale – Washington Post, Guardian et Spiegel – de mettre au jour un système de surveillance visant des dizaines de millions de citoyens, notamment européens.
Visés par un dispositif attentatoire à la fois à leur souveraineté propre et à leurs principes, les pays de l'UE sont redevables à Edward Snowden de ses révélations d'un intérêt public évident. Le jeune homme ne saurait être abandonné dans la zone internationale de l'aéroport de Moscou sans que ce soit pour les pays européens un abandon de leurs principes et d'une partie de la raison d'être de l'UE. Il serait inconséquent de pousser des cris d'orfraie diplomatiques et de laisser tomber l'initiateur des révélations.
Lire nos explications : Prism, Snowden, surveillance de la NSA : 6 questions pour tout comprendre
Au-delà de la nécessaire protection des lanceurs d'alerte, la protection de la vie privée relève à l'évidence de l'intérêt public, notamment s'agissant de la liberté de l'information. Dans un rapport du 3 juin, Frank La Rue, rapporteur spécial des Nations unies pour la liberté d'expression, estimait que "la protection de la vie privée est un corollaire nécessaire à la liberté d'expression et d'opinion". La confidentialité des échanges est une condition nécessaire à l'exercice de la liberté de l'information.
Quand les sources des journalistes sont compromises (comme l'ont été celles de l'agence Associated Press), quand les Etats-Unis abusent de l'Espionnage Act (ce texte de 1917 a été employé à neuf reprises contre des lanceurs d'alerte au cours de l'histoire, dont six sous la présidence de Barack Obama), quand WikiLeaks est bâillonné par un blocus financier, quand les collaborateurs et amis de Julian Assange ne peuvent plus franchir une frontière américaine sans subir la fouille intégrale, quand le fondateur et les collaborateurs du site sont menacés de poursuites sur le sol américain, ce n'est plus seulement la démocratie américaine qui est en péril. C'est bien l'exemple démocratique de Thomas Jefferson et Benjamin Franklin qui se trouve vidé de sa substance.
Au nom de quoi les Etats-Unis s'exonéreraient-ils de respecter les principes qu'ils exigent de voir appliquer ailleurs ? En janvier 2010, dans un discours historique, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, faisait de la liberté d'expression sur Internet une pierre angulaire de la diplomatie américaine. Une position réaffirmée en février 2011, la même Hillary Clinton rappelant alors que "sur la question de la liberté d'Internet, nous nous plaçons du côté de l'ouverture".
Belles paroles, si encourageantes pour les résistants à Téhéran, Pékin, La Havane, Asmara, Moscou et dans tant d'autres capitales. Mais comment taire sa déception lorsque les gratte-ciel de la surveillance américaine semblent rivaliser avec la Grande Muraille technologique de Chine ou l'Internet national du régime des mollahs ? Le message de démocratie et de promotion des droits de l'homme de la Maison Blanche et du Département d'Etat a désormais perdu beaucoup de crédit. Signe de panique générale, le site Amazon a enregistré aux Etats-Unis une augmentation de 6 000 % des ventes du best-seller de George Orwell 1984.
Big Brother nous regarde depuis la banlieue de Washington. Les institutions garantes de la démocratie américaine doivent jouer leur rôle de contre-pouvoir face à l'exécutif et à ses abus. Le système des checks and balances, "équilibre des pouvoirs", n'est pas seulement un slogan pour les lecteurs fervents de Tocqueville et Montesquieu. Les membres du Congrès doivent endiguer au plus vite les terribles dérives sécuritaires du Patriot Act (la loi antiterroriste adoptée après le 11-Septembre) en reconnaissant la légitimité de ces hommes et ces femmes qui tirent la sonnette d'alarme.
Le Whistleblower Protection Act, la loi de protection des lanceurs d'alerte, doit être amendé et élargi pour assurer une protection efficace à ceux qui agissent dans l'intérêt légitime du public, qui n'a rien à voir avec les intérêts nationaux immédiats interprétés par les services de renseignement.
Julian Assange est le fondateur et rédacteur en chef de WikiLeaks. Accusé de viols, il est actuellement sous le coup d'une demande d'extradition émanant des autorités suédoises. Depuis juin 2012, il vit reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres.
Julian Assange (fondateur et rédacteur en chef de WikiLeaks) et Christophe Deloire (Secrétaire général de Reporters sans frontières)
La France huée dans plusieurs pays latino-américains: "... colère soulevée dans plusieurs pays latino-américains par l’affaire de l’avion du président bolivien Evo Morales cloué au sol de Vienne. La France et le Portugal, qui ont pendant plusieurs heures refusé le survol de leur territoire de l’avion, sont particulièrement visés.
A La Paz, les petits drapeaux français et européen qui étaient fixés à la grille de l’ambassade de France, ont été décrochés et brûlés.
Les manifestants dénoncent les « laquais européens » des « impérialistes américains » et considèrent que la France a agi de façon néocolonialiste, sans aucune considération pour la souveraineté de la Bolivie. En Argentine, la présidente Cristina Kirchner, dans un discours, a parlé « d’acte d’humiliation ».
Selon le ministère bolivien des Affaires étrangères, la France a pris cette décision car elle soupçonnait l’avion, en provenance de Moscou et en direction de La Paz, de transporter le fugitif américain Edward Snowden, qui a rendu public l’existence de Prism, un vaste système d’espionnage électronique américain.
La France s’est scandalisée de l’existence de Prism, mais l’affaire de l’avion bolivien jette un doute sur la profondeur de cette indignation...
"Depuis 2007, le FBI et la NSA ont accès aux serveurs des plus grands acteurs du Web afin de consulter des informations sur les utilisateurs. Mails, vidéos, photos, fichiers... L’accès est total. De « modestes empiétements sur la vie privée »... "
INDECT ( Intelligent information system supporting observation, searching and detection for security of citizens in urban environment = Système d’information intelligent soutenant l’observation, la recherche et la détection pour la sécurité des citoyens en milieu urbain) est sur Wikipédia
Il est très intrusif comme on vous le dit dans cette vidéo
Article mis pour mémoire car datant d'il y a un peu plus d'un mois: Les barbouzes grands-guignols qui veulent par l'intimidation faire supprimer un article datant de 2009 sur wikipédia en 2013: "Le 4 mars, la Direction centrale du renseignement intérieur (ou DCRI) a réclamé d’urgence la suppression d’une entrée de Wikipedia francophone visant une installation militaire française. Problème, ces informations sont disponibles depuis des lustres sur l’encyclopédie libre. Surtout, privée d’explication, la Wikimedia Foundation ne voit pas en quoi ces renseignements sont couverts par le secret de la défense nationale. La DCRI a cependant fait pression à coup de menaces et d’intimidations pour récolter… un bel effet Streisand. ...
Problème, depuis les États-Unis, la Wikimedia Foundation considère que rien dans ces informations ne pose problème. Et pour cause, selon la WMF, jamais la DCRI n’a estimé utile d’expliquer les motivations de sa demande. Bref, dans un pays à la civilisation plus ou moins avancée, ce n’est pas parce que les autorités froncent des sourcils que l’intermédiaire doit censurer les contenus mis en ligne par un tiers contributeur.
Qu’à cela ne tienne. Ce jeudi 4 avril, la DCRI a convoqué dans ses locaux l’un des contributeurs bénévoles de Wikipedia « faisant partie des personnes ayant accès aux outils pour supprimer des pages sur l’encyclopédie », explique un communiqué de Wikimedia Francophone. Sauf que Rémi Mathis, ce bénévole et président de l'association Wikimedia, n’est pas l’auteur du contenu. Il a découvert l’origine du problème qu’une fois entre les murs de la DCRI. Menacé de garde à vue et de mise en examen, il a finalement obtempéré. Dans le même temps, il a prévenu les autres administrateurs du danger de la restauration de l’article. La trace de cette alerte est visible sur ce lien.
Évidemment, la méthode a suscité la colère de Wikimédia qui « ne comprend pas et n’admet pas que l’on utilise intimidation et méthodes expéditives contre un bénévole œuvrant pour un accès libre et gratuit à la connaissance pour le plus grand nombre. »
Lire aussi cet article sur la DCRI : Un rapport que La Croix a pu consulter dénonce des dysfonctionnements de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI)...
See also "Who’s Afraid Of Google Glass?"- TechCrunch : "On my bad days I feel like we’re all about to drown in a sea of awful
home movies, while being tracked by drone- and signpost-mounted
surveillance cameras 24/7/365; like we’re all sleepwalking onwards into a
really tacky dystopia. Brace yourselves."
"Plus d’un mois après son lancement, l’intervention française au Mali occupe toujours une place de choix dans l’actualité politique hexagonale. Si le consensus politique autour du bien-fondé de l’opération Serval est toujours de mise dans les discours officiels relayés par les medias traditionnels, ce dernier semble toutefois progressivement s’étioler sur le web..." Opération Serval : un consensus politique qui se délite sur le web | PoliticoSphere
Accessoirement les opinions sur le web sont ici observées via Radarly de Linkfluence
"Last Tuesday, President Obama signed a new executive order
seeking to give the executive branch more power over curbing
cyber-security threats, calling it a move to protect against "America's
enemies." Although many news outlets are running with stories
claiming the new plan was a response to hacking from China, it would
appear, at least, that it was also a response to recent hacks to
government websites by hacktivist group Anonymous...."
"... Paul Nuttall, UKIP's deputy leader, has attacked the proposals, which he said, violate the neutrality of the EU civil service by turning officials into a "troll patrol", stalking the internet to make unwanted and provocative political contributions in social media debates. "Spending over a million pounds for EU public servants to become Twitter trolls in office hours is wasteful and truly ridiculous," he said. "It strikes me as bizarre that the EU administration is playing such an explicitly political role with a brief to target Eurosceptics - that's code for parties like Ukip, and this is hardly neutral."
..." EU to set up euro-election 'troll patrol' to tackle Eurosceptic surge - Telegraph
"A cinq reprises, un membre du groupe "Code Pink" a lancé des slogans hostiles au chef du contre-terrorisme de la Maison Blanche avant d'être évacué par les policiers, un autre reprenant immédiatement le même rôle jusqu'à ce que la présidente de la commission du renseignement du Sénat, Dianne Feinstein interrompe l'audition pendant quelques minutes. "BRENNAN = ASSASSINATS PAR LES DRONES" "Pakistan, Yémen, Somalie, et où encore ? Ils ne disent même pas au Congrès quels pays ils bombardent", dénonçait une femme évacuée par les policiers. "Brennan = assassinats par les drones", pouvait-on lire sur une pancarte brandie par une autre manifestante tandis que d'autres opposants du groupe "Code Pink" montraient les paumes de leurs mains peintes en rose. La journaliste Laurence Haïm est présente sur place et tweete la séance. "Un autre homme se lève 'mon fils de 16 ans a été tué par un drone'", écrit-elle, peu avant l'évacuation de la personne"..." Des opposants aux frappes de drones interrompent une audition au Sénat
" Aaron Swartz se met à l’informatique à l’âge de 11 ans, conçoit son premier site web à 13 ans et bâtit une encyclopédie participative en ligne plusieurs années avant le lancement de Wikipédia. A 14 ans, il collabore à la création du format RSS 1.0, avant de soutenir le lancement des licences libres Creative Commons, qui deviendront une alternative au droit du copyright et favoriseront la libéralisation de la culture sur Internet. Il est également cofondateur du site de partage d’informations Reddit.
C’est en 2011 que les choses tournent mal. Il est poursuivi par la justice américaine pour avoir téléchargé 4,8 millions d’articles scientifiques, issus de 1 000 publications universitaires hébergées sur le site JSTOR, en piratant entre autres un compte du Massachusetts Institute of Technology (MIT), dont il n’était pas membre. Treize chefs d’accusation ont été retenus contre lui par le bureau du procureur du Massachusetts, faisant peser sur l’informaticien le risque d’une peine de 35 ans de prison et d’un dédommagement d’un million de dollars.
"
Billet complet: Suicide d’Aaron Swartz: le Web tient finalement son martyr | Rue89 by Robin des Bois 2.0 le14/01/2013 à 18h57
Si vous n'aviez jamais vu Aaron Swartz, le voila en interview (en anglais) prenant la défense de Wikileaks l'an dernier:
Le voici encore expliquant comment et pourquoi il fallait se battre contre SOPA (Stop Online Piracy Act) , loi liberticide américaine qui au nom des copyrights allait tuer la liberté "à/de se connecter" ( si cela vous fait penser à l'Hadopi c'est bien !!!!)
Quel système d'Etat que ce système d'Etat qui dévore ses propres enfants les plus brillants - In memory of Aaron Swartz - TheCric 2013
PS - Aaron Swartz n'est pas encore inhumé. Pour beaucoup l'hypothèse d'un simple suicide n'est pas cohérente avec le personnage et évidemment l'idée qu'il puisse avoir "été suicidé" vient à l'esprit. Il n'en reste pas moins, poussé au suicide ou suicidé qu'il restera un martyr de sa société.
"Racheté un milliard de dollars par Facebook en avril 2012, Instagram reste l'application de retouche et de partage de photos la plus populaire. Mais mi-décembre, la mise à jour des conditions d'utilisation du service a suscité un tollé, ses utilisateurs pensant qu'Instagram souhaitait commercialiser leurs clichés. ..."